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L’heure de pointe avec Inscott

L’heure de pointe est une série d’événements dédiée à mettre de l’avant les parcours inspirants de personnes étudiantes et diplômées ayant su transformer leur projet de recherche en initiative entrepreneuriale. Organisés sous forme de panels interactifs, ces rendez-vous offrent une opportunité unique de découvrir comment ces entrepreneures et entrepreneurs ont su mettre à profit leurs résultats de recherche scientifique pour générer un impact concret. Le tout se déroule dans une ambiance conviviale, agrémentée d’une pointe de pizza préparée par la Boulangerie du Comptois!

L’heure de pointe vise à démystifier l’entrepreneuriat scientifique et à mettre de l’avant la pluralité des ressources disponibles pour accompagner ces parcours. Ces événements s’inscrivent dans la grande campagne de promotion de l’entrepreneuriat scientifique portée par Entrepreneuriat ULaval et l’Université Laval.

L’entrepreneuriat scientifique offre des opportunités d’affaires uniques permettant d’appliquer concrètement des résultats de recherche pour répondre à des besoins sociaux ou industriels. C’est d’ailleurs ce qu’ont réalisé Mariève Dallaire-Lamontagne et Marie-Hélène Deschamps, les invitées de cette édition de L’heure de pointe.

Une innovation durable dans le secteur bioalimentaire

Cette semaine, c’est le domaine bioalimentaire qui était à l’honneur avec Inscott. Cette entreprise novatrice développe de nouvelles méthodes de gestion des résidus agroalimentaires à l’aide d’insectes générateurs d’ingrédients destinés à l’alimentation animale et à la fertilisation.

Fondée en 2017, Inscott est née d’un projet de recherche scientifique axé sur la production d’insectes. Mariève Dallaire-Lamontagne, chercheuse et cofondatrice, a choisi cette voie pour démocratiser l’accès à cette industrie émergente, qui, malgré son potentiel prometteur, est encore peu populaire.

En effet, certains projets dans le domaine de la production d’insectes ont connu des échecs lors de la commercialisation, refroidissant l’intérêt des acteurs financiers à s’y impliquer. Pour éviter cet écueil, Inscott a adopté une approche rigoureuse en réalisant une étude de faisabilité économique avant de solliciter des investissements. L’entreprise a donc évalué 32 scénarios de production différents afin d’identifier le modèle le plus viable. Ainsi, l’entreprise a pu déterminer que, contrairement à qu’elle prévoyait initialement, c’est en privilégiant une croissance à échelle moyenne plutôt qu’une expansion rapide qu’elle aurait les meilleures chances de réussite. Cette validation du marché a donc permis de réduire les risques et de renforcer la crédibilité du projet.

Une fois cette étape franchie et le modèle d’affaires sélectionné, l’un des principaux défis d’Inscott a été le temps nécessaire à la commercialisation de ses innovations : bien que ses procédés aient un fort potentiel d’impact, leur mise en place exige d’importants investissements. De plus, certaines entreprises agroalimentaires se montrent hésitantes à intégrer la production d’insectes en raison de préoccupations liées entre autres aux odeurs potentielles entraînées par les insectes. Pour répondre à ces inquiétudes, Inscott a lancé un projet de recherche visant à caractériser ces odeurs et à fournir des données scientifiques solides afin de rassurer ses partenaires.

Après des années de travail, l’entreprise récolte enfin les fruits de son labeur : l’équipe développe présentement un procédé pour une compagnie bioalimentaire en Angleterre.

Les défis de l’entrepreneuriat scientifique

Créer une entreprise tout en poursuivant des études est un défi de taille. Mariève le souligne : « Entre les cours, la recherche, les demandes de financement et la gestion d’une startup, les premières années peuvent être intenses. » Toutefois, elle constate aujourd’hui les avantages de cette double implication, qui lui a permis de conjuguer recherche et entrepreneuriat de manière à développer des compétences complémentaires.

Son engagement entrepreneurial lui a également ouvert de nombreuses portes. Avec Inscott, Mariève a pu élargir son réseau, collaborer avec des collègues partout à travers le monde et solliciter l’expertise de spécialistes pour répondre à des enjeux techniques précis. Elle ajoute aussi : « Même si Inscott échoue, ce n’est pas du temps perdu. Tous les hauts et les bas en entrepreneuriat des dernières années m’ont servi à développer des compétences qui vont m’aider peu importe si je me tourne vers une carrière académique, industrielle ou entrepreneuriale. »

Les conseils de Mariève

Mariève encourage vivement les chercheuses et chercheurs à envisager l’entrepreneuriat comme une opportunité de valorisation de leurs travaux. Elle rappelle que, même si un projet ne se concrétise pas, l’expérience acquise est précieuse et transférable à d’autres applications.

Elle conseille aussi aux étudiantes et étudiants de ne pas attendre avant de franchir le pas en entrepreneuriat, car l’université offre un environnement propice à l’expérimentation et met à disposition de nombreuses ressources pour soutenir les projets entrepreneuriaux. De plus, Mariève insiste sur l’importance de ne pas hésiter à poser des questions et à solliciter l’expertise de professionnels, puisque s’entourer des bonnes personnes et bénéficier de conseils avisés peut faire toute la différence dans la réussite d’un projet.